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1 700km à pied

Automne 2015 - Lettre n°16
#Diabète de type 1 #Pompe à insuline #Glycémie #Défis #Espoir #Confort #Aventure

Antoine, 29 ans, électromécanicien et diabétique, parti en solitaire sur une des voies de St-Jacques-de-Compostelle.

Depuis combien de temps êtes-vous diabétique ?

Cette année, ça fait 18 ans qu’on m’a diagnostiqué un diabète de type 1. Au début, ça a été un véritable casse tête pour mon entourage mais pour moi,11 ans, le plus dur a été de passer des Malabars aux Freedent édulcorés…

Depuis quand êtes vous porteur d’une pompe à insuline ?

Quatre ans après mon diagnostic, le Pr Pinget, ma famille et moi-même avons décidé de tenter la pompe. C’est un très bon moyen de passer cette période d’insouciance qu’est l’adolescence… et bien plus, car elle est toujours présente dans ma poche

Que vous a t-elle apporté ?

Sans hésiter, je dirais une facilité de gestion du diabète, ce qui inclut un certain confort de vie. Avoir en permanence une pompe sur moi ne m’a jamais posé problème. On a déjà tous un Smartphone au fond des poches, alors pourquoi pas cet appareil en plus !

Vous avez parcouru près de 1700 km à pied entre la France et l’Espagne. Comment cette idée vous est-elle venue ?

Hum, bonne question. Une grande envie de se dégourdir les jambes, je pense !
Non, plus sérieusement, c’est un livre et l’envie de vivre une vraie aventure qui m’ont décidé à partir. Les premiers kilomètres n’ont pas été simples mais une fois la glycémie régulée et les ampoules aux pieds passées, ça n’a été que du bonheur. Mon corps et mon mental ne m’ont plus lâché jusqu’à la fin.
En tant que diabétique, l’expérience s’est avérée incroyable. Avec un bon travail de préparation en amont et le soutien de mes proches, j’ai ainsi pu goûter à cette sensation de quasi insulino-indépendance. J’ai réduit de 50% mes besoins en insuline en échange de 30 km de marche journaliers.

Quels messages souhaitiez vous passer au travers
de ce défi ?

Dans un premier temps, je voudrais passer un message d’espoir à celles et ceux qui sont confrontés depuis peu au diabète. Une fois le choc de l’annonce passé (pour la personne concernée mais aussi les proches), je pense qu’il est important de souligner que l’avenir n’est pas aussi limité qu’on puisse le croire. Un projet mené avec une force de conviction ne peut que se transformer en succès. Ensuite, aux autres pour qui le diabète n’a plus de secret, il ne faut pas arrêter de se remettre en question. Les habitudes que l’on prend avec le temps peuvent ne plus être adaptées. De petites choses comme réapprendre la valeur énergétique des aliments, se renseigner sur les nouveaux appareils de glycémie ou changer de moyen d’administration de l’insuline sont très importantes. Passer des injections à la pompe et pourquoi pas son contraire. Il existe des solutions pour tous, dans un système qui nous permet d’y accéder. Réduisons l’inconfort de cette affection pour donner de l’espace aux choses qui nous tiennent vraiment à cœur.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ? Y a t-il un avant/après ?

De gros mollets, c’est sûr !!! Loin de toutes les préoccupations de la vie quotidienne durant ces 3 mois, j’y ai appris une chose primordiale. Pour avancer, il faut être à l’écoute de son corps. Quand notre physique est la clé du succès, il faut savoir interpréter les signes qu’il nous envoie. Il m’est arrivé, lors de ce voyage, de prévoir une étape de plus de 50 km. Avec les nuits précédentes de camping sauvage et ses repas peu recommandables, je me suis totalement ramassé ! Après 40 km, j’ai renoncé et me suis contraint à une journée de repos forcé. Deux semaines plus tard, avec de meilleures conditions de préparations, l’expérience, a cette fois ci, été concluante. J’ai beaucoup appris sur moi-même et mon diabète mais je suis tout aussi heureux de partager cette expérience avec vous. Quel que soit le projet, il y a toujours un après. Sinon à quoi bon se lancer dans l’aventure !

 

 

 

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