Santé

Diabète et tabac ne font (vraiment) pas bon ménage

Printemps 2015 - Lettre n°14
#Diabète #Maladies cardiovasculaires #Cancer #Diabète de type 2 #Diabète gestationnel #Tabac

Près d’un français sur trois (parmi les 15-75 ans) déclare fumer de temps en temps et 28,2% quotidiennement. Si les liens entre une consommation régulière de tabac et les maladies cardiovasculaires, respiratoires et les cancers ne sont plus à démontrer, il apparait aujourd’hui que celle-ci aurait également une incidence non négligeable sur le  développement de troubles métaboliques (mécanismes de régulation du métabolisme des graisses, sensibilité à l’insuline, baisse de la tolérance au glucose, hypertension…).

Incidence du tabagisme sur le risque de développer un diabète de type 2

De nombreuses études ont permis de démontrer qu’il existait un lien statistiquement significatif entre consommation de tabac et risque de développer un diabète de type 2. Et ce risque est proportionnel au nombre de cigarettes consommées par jour : plus vous fumez, plus le risque augmente.
De récentes études ont, par ailleurs, démontré qu’une exposition du foetus au tabac durant la grossesse augmenterait le risque que celui-ci déclare un diabète de type 2 à l’âge adulte. Le risque vaut aussi pour la mère, pour laquelle le tabagisme augmente sensiblement son risque de développer un diabète gestationnel (soit durant sa grossesse).

Le tabac : un démultiplicateur des complications du diabète

Le tabagisme est aujourd’hui un réel prédicteur d’un mauvais contrôle métabolique. Le diabétique de type 1 fumeur présente ainsi un risque 2.6 fois plus élevé d’hypoglycémies cliniquement significatives, le diabétique de type 2 à des taux accrus d’Hb1aC.
De plus, le tabac augmente les triglycérides, des graisses dont un taux élevé expose les artères du fumeur diabétique à des inflammations, des altérations des parois et à un stress oxydatif.
Avec de tels effets sur le système métabolique et les artères, on peut craindre des risques accrus de complications du diabète notamment aux niveaux macrovasculaire (coronaropathie, AVC, infarctus…) et microvasculaire (rétinopathie, néphropathie, neuropathie) et une apparition précoce de celles-ci chez les fumeurs diabétiques qu’ils soient de type 1 ou de type 2.
L’arrêt du tabac pour une personne diabétique fait donc partie intégrante du traitement. C’est un impératif qui doit être mis en oeuvre le plus tôt possible.

Méthodes de sevrage tabagique adaptées aux fumeurs diabétiques

Des professionnels de santé, formés en tabacologie, peuvent informer les patients sur la dépendance et leur proposer une méthode de sevrage tabagique personnalisée. Une attention particulière sera apportée au régime alimentaire et à l’activité physique.
Ceux-ci auront un effet compensatoire sur la prise de poids et l’angoisse que peut générer l’arrêt du tabac.

En plus de réduire considérablement les risques de morbidité et de mortalité précoce, ce sevrage s’accompagnera progressivement d’un mieux-être du patient dans son quotidien, du fait de :

  • la hausse de la sensibilité à l’insuline,
  • l’amélioration immédiate du souffle,
  • d’un sommeil de meilleure qualité,
  • du goût des aliments plus prononcé,
  • d’une baisse de la nervosité,
  • d’un meilleur moral,
  • de facultés de concentration plus élevées.

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