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Les 10 priorités pour la recherche sur le diabète de type 2 selon les patients et les professionnels de santé au Royaume-Uni

Arnaud Bubeck, doctorant en Sciences Politiques (Laboratoire SAGE)

Printemps 2018 - Lettre n°25
#Recherche #Diabète de type 2

Une série d’articles, nommée « Priority Setting Partnership » (PSP) et réalisée par la « James Lind Alliance » (JLA)*, s’intéresse aux priorités qu’accordent les patients et les professionnels de santé à la recherche médicale. Une cinquantaine de maladies ont déjà fait l’objet de ce type d’article, allant de la schizophrénie à l’acné en passant par la médecine d’urgence. Focus sur le diabète de type 2.

Top 10 des priorités pour la recherche sur le diabète de type 2, par ordre de priorité

  1. Est-ce que le diabète de type 2 peut être guéri ou inversé, quel est le meilleur moyen pour cela, et y a t-il un stade au-delà duquel l’état de la maladie ne peut plus être inversé ?
  2.  Comment identifier les personnes à haut risque de diabète de type 2 et aider à prévenir le développement de la maladie ?
  3. Quel est le meilleur moyen d’encourager les personnes atteintes de diabète de type 2, qui qu’elles soient et où qu’elles vivent, à prendre en charge elles-mêmes leur maladie, et comment y parvenir ?
  4. Comment le stress et l’anxiété influencent-ils la gestion du diabète de type 2 et est-ce qu’un état de bien-être mental peut avoir un effet ?
  5. Comment les personnes atteintes de diabète peuvent être soutenues pour réaliser des changements de mode de vie, pour les aider à prendre en charge leur maladie, quelle est l’efficacité de ces changements de vie, et qu’est-ce qui les empêche de fonctionner ?
  6. Pourquoi le diabète de type 2 s’aggrave t-il au fil du temps, quel est le moyen le plus efficace pour ralentir et prévenir sa progression, et comment cela peut-il être mesuré ?
  7. Le régime et l’activité physique devraient-ils être utilisés comme des alternatives aux médicaments pour la gestion du diabète de type 2, ou en complément de ces derniers ?
  8.  Qu’est-ce qui entraîne les neuropathies chez les personnes atteintes de diabète de type 2, qui est le plus affecté, comment peut-on améliorer la sensibilisation et comment peut-on mieux les prévenir et les traiter ?
  9. Quels sont les meilleurs soutiens psychologiques et sociaux pour aider les personnes atteintes de diabète de type 2 ou à risque, comment ces aides devraient prendre en compte les besoins individuels ?
  10. Quel rôle jouent les graisses (glucides et protéines) dans la gestion du diabète de type 2 et y a-t-il des risques et des bénéfices concernant certaines approches en particulier ?

En octobre 2017, un article de ce type a été publié sur le diabète de type 2 dans la revue « The Lancet Diabetes & Endocrinology ».

2588 individus ont répondu à un questionnaire qui leur demandait de lister selon eux les priorités qui devraient être accordées à la recherche (75% de personnes atteintes de diabète de type 2 et 24% de professionnels de santé). Les résultats ont montré le besoin de réduire les incertitudes concernant les causes, la prévention et le traitement de cette maladie. Le développement d’une approche qui soit centrée sur le patient semble être le point central de toutes les priorités définies par les répondants.

Parmi les dix résultats, plusieurs concernent des questions auxquelles la recherche biomédicale seule ne peut répondre. La troisième et la cinquième priorité s’intéressent par exemple à la façon dont les patients peuvent prendre en charge eux-mêmes leur maladie, et comment les aider à y parvenir. Ces questions soulèvent des problématiques complexes, car elles dépendent de l’environnement dans lequel vivent les patients, et de leurs interactions avec les soignants. D’autres questions s’intéressent aux interactions entre des facteurs qui interviennent à des échelles très différentes. La quatrième question, par exemple, s’intéresse à l’influence de facteurs psychologiques (stress, anxiété, état de bien-être mental) sur la gestion de la maladie. La septième question s’interroge sur le fait de savoir si le régime et l’activité physique doivent être considérés comme des substituts ou des compléments aux médicaments. Enfin, la neuvième question concerne la dimension sociologique voire politique sur la meilleure façon de délivrer des soutiens psychologiques et sociaux aux patients en prenant en compte les besoins individuels.

Pour répondre à toutes ces questions, les différentes disciplines qui s’intéressent aux aspects chimique, biologique, psychologique, sociologique et politique de cette maladie doivent dialoguer ensemble afin de mieux comprendre ces interactions complexes, et mieux répondre aux besoins des patients.


*La « James Lind Alliance » (JLA) pour le rapprochement des patients et des soignants en recherche clinique.

Fondée en 2004, le JLA est une organisation à but non lucratif dont le nom fait référence au médecin écossais James Lind (1713-1794) connu pour avoir conduit le premier essai clinique de l’histoire, en composant six groupes de deux marins souffrant du scorbut afin de leur administrer différents traitements pour tester leurs validités. Les conclusions de James Lind étaient que les agrumes pouvaient protéger les marins de cette maladie, une découverte qui survint près de deux siècles avant que la vitamine C et ses vertus ne soient découvertes. La JLA publie chaque année de nombreux articles dans le domaine médical afin de renforcer les partenariats entre les acteurs du monde de la santé.

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