Alimentation et plaisir

Notre alimentation deviendra-t-elle durable ?

Été 2014 - Lettre n°11
#Alimentation #Manger #Nourriture #Durable #Antigaspi #Jeter #Gaspillage #Date de péremption #DLC #DLUO #Déchets

Manger c’est bien, jeter ça craint !

Telle est la phrase d’accroche de la campagne « antigaspi » lancée par le gouvernement français. En France, on estime que 38 kg de nourriture consommable sont jetés toutes les secondes. On a tous tendance à penser que les anciens gaspillaient moins, et que la nouvelle génération n’ayant ni connu la guerre ni le manque de nourriture a moins de scrupule à se débarrasser d’une carotte défraîchie sans passer par la case assiette. Une nouvelle enquête vient étayer cette croyance. Après celle menée par l’Ademe, une étude commandée par la société Albal et conduite dans sept pays européens, révèle que les Français jettent en moyenne 89,9 kg de nourriture par an, l’équivalent de 430 €.

« En France, nous jetons 21 % des denrées que nous achetons, ce qui représente 5,6 millions de tonnes par an », précise l’enquête, qui met en valeur des disparités entre les régions.

Ainsi les franciliens seraient les plus gros gaspilleurs avec 114,5 kg jetés par an, tandis que les normands et les bretons seraient en deçà de la moyenne, avec 81,8 kg.

Dire stop au gaspillage alimentaire, c’est faire un bon geste et aussi des économies.

Mieux comprendre l’étiquetage alimentaire pour moins jeter

Comment définit-on la date de péremption ?
La date de péremption ne dépend pas seulement des caractéristiques des aliments. La qualité des matières premières, le site de production, le degré de maîtrise de la technologie mise en œuvre, le circuit de
distribution… entrent aussi dans la détermination de la date de péremption.

Save Food, une initiative Albal
Pour sensibiliser les consommateurs à la problématique du gaspillage alimentaire, Albal a lancé une campagne de lutte contre le gaspillage. Sur la page Facebook « Save Food », l’entreprise invite les internautes à s’engager à ne plus gaspiller.


DLC, DLUO ?
Les produits alimentaires préemballés comportent une mention indiquant la date limite de consommation (DLC) ou la date limite d’utilisation optimale (DLUO). Pour éviter le gaspillage alimentaire, il est nécessaire de bien les comprendre.

  • Les denrées périssables, à conserver au frais (la température de conservation est indiquée clairement sur l’étiquetage) présentent généralement une date limite de consommation (DLC). Cette DLC est indiquée sur le conditionnement par la formule « À consommer jusqu’au… ». Elle s’applique à des produits susceptibles, après une courte période, de présenter un danger pour la santé humaine, comme la viande vendue en barquette par exemple.
  • À l’inverse, certains produits stérilisés ou présentant une faible teneur en eau comportent une date limite d’utilisation optimale (DLUO). C’est le cas par exemple des gâteaux secs, ou encore des boîtes de conserve. Une fois la date passée, la denrée ne présente pas de danger mais peut en revanche avoir perdu tout ou partie de ses qualités : goût, texture… Sur le conditionnement, la DLUO est indiquée par la formule « À consommer de préférence avant… ». Le dépassement de la DLUO ne rend pas l’aliment dangereux : l’aliment peut donc encore être commercialisé et consommé.

Il n’est pas nécessaire de jeter les produits concernés quand la DLUO est dépassée, sauf en cas d’altérations du produit.

Les produits non secs (purées, jus, sauces, compotes, etc.) comportent également une DLUO : cela signifie que ces produits peuvent être conservés très longtemps mais une fois ouverts, ils doivent être conservés au frais et consommés très rapidement. La DLC et la DLUO sont avant tout des mesures de prévention des risques d’infections d’origine alimentaire.

Mieux consommer pour moins de déchets

1. Achetez des fruits et légumes frais et de saison
Frais et naturels, les fruits et légumes ont meilleur goût ! En achetant des produits de saison, vous évitez la production sous serre et les longs transports aux répercussions lourdes sur l’environnement.

2. Gérez les quantités
S’il y a beaucoup de déchets c’est que nous jetons beaucoup et donc que nous achetons trop par rapport à ce qui est réellement consommé. Il s’agit donc de mieux gérer les quantités et de favoriser la qualité.

3. Variez les menus et réduisez les portions de viande sans sacrifier au goût
Réduire le grammage de viande peut sembler difficile, tant une importante consommation de viande fait partie de nos habitudes alimentaires. Plusieurs pistes s’offrent néanmoins pour y arriver : proposer une viande de qualité bio ou la remplacer par d’autres sources de protéines, comme les céréales ou les légumineuses.

4. Choisissez des poissons issus de la pêche durable
Près de 80% des stocks mondiaux de poissons sont surexploités et parfois presque épuisés. Pour déguster des poissons dont les espèces ne sont pas menacées, choisissez le label MSC (Marine Stewardship Council). Consultez également la liste rouge de Greenpeace ou la liste du WWF, pour éviter les espèces en danger.

5. Achetez local, privilégiez les filières courtes
Le transport des aliments produits de l’autre côté de la planète coûte cher à l’environnement. Inscrivez au menu des aliments produits localement et privilégiez les filières courtes en achetant directement aux producteurs. Vous favoriserez l’agriculture familiale et paysanne, et permettrez aux agriculteurs de la région de mieux vivre de leur production.

6. Pour les produits exotiques, optez pour le commerce équitable
Pour les denrées impossibles à produire en France, comme le café ou le chocolat, choisissez les filières du commerce équitable. Pour les produits frais, ne négligez pas, ici non plus, l’aspect de saisonnalité.

7. Traquez le gaspillage
Chaque année, des tonnes d’aliments non consommés se retrouvent à la poubelle : les restes, mais aussi les produits périmés non utilisés. Évitez cette exploitation superflue des ressources naturelles par une bonne gestion de vos achats, de la préparation des repas et du service. Par la même occasion, vous réduirez vos coûts !

8. Évitez le suremballage, pensez « déchets minimum »
Les emballages sont des déchets à transporter et à traiter. Moins il y en a, moins grande est l’empreinte écologique que nous laissons. Soyez attentif aux emballages de vos produits, privilégiez par exemple les conditionnements les mieux adaptés à vos besoins et les produits en vrac. Veillez alors à la conservation des aliments pour éviter le gaspillage.

Partager cet article sur :