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Un nouvel antidiabétique protège le rein et les vaisseaux des diabétiques de type 2, mais pas sans risque

Professeur Michel Pinget, Strasbourg

Automne 2017 - Lettre n° 23
#Diabète de type 2 #Traitement #Hyperglycémie #Complications #Glycémie #Médicaments #Glucose

L’avenir des diabétiques de type 2 (plus de 450 millions dans le monde, près de 5 millions en France) repose avant tout sur la capacité des traitements à protéger les 3 organes les plus sensibles à l’hyperglycémie chronique, à savoir le rein, le coeur et les vaisseaux, le foie. La détérioration de ces organes est à l’origine des plus graves complications diabétiques, pouvant impacter la vie du patient, expliquant également le coût thérapeutique très élevé du diabète (12,5 % des dépenses de santé en moyenne)

D’où la stratégie actuelle d’analyser pour chaque nouveau médicament, non seulement l’impact sur la glycémie, mais aussi la capacité de ces molécules à protéger ces organes nobles des effets de l’hyperglycémie. C’est ainsi que nous avons déjà rapporté les résultats plus qu’intéressants de 2 médicaments qui ne semblent pas avoir d’effet secondaire sévère pas ailleurs. Il s’agissait du Victoza®(commercialisé en France) et de l’Empaglifozine® (non disponible dans notre pays).

Cette dernière molécule fait partie d’une classe nouvelle d’antidiabétiques, les glifozines, qui en bloquant un enzyme présent dans le rein, le SGLT2, empêche la réabsorption du glucose au niveau du rein et provoque en conséquence une perte urinaire de glucose (glycosurie). Les conséquences de cette fuite urinaire sont une perte calorique (environ 500Kcal/jour correspondant aux 100 g de sucre éliminé) et bien sûr une baisse concomitante du poids et de l’hémoglobine glyquée. Peut-être les résultats remarquables observés avec l’empaglifozine témoignentils d’autres actions que le seul effet rénal.

En juin 2017 la très sérieuse revue du New England Journal of Medecine publiait les résultats d’une étude comparable conduite avec une deuxième glifozine, la Canaglifozine (Imvokana®), produite à partir d’une molécule découverte au Japon en 2010. L’étude qui porte sur plus de 10 000 diabétiques de type 2, sélectionnés dans 30 pays et suivis pendant plus de 3 ans en moyenne, a démontré que, par rapport à un placebo, cette molécule réduisait de 14 % le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire et de 40 % celui d’une dégradation de la fonction rénale. Cependant, et toujours par rapport au groupe recevant un placebo, on notait dans le groupe de patients recevant la Canaglifozine, un taux d’amputation quasiment double. Si les causes de cet éventuel effet secondaire restent inconnues, on peut être en partie rassuré par le fait que seuls les patients ayant déjà eu des problèmes vasculaires graves dans le passé risquaient cette complication.

Cette étude, avec d’autres, montre toute l’attention que portent les responsables de l’industrie pharmaceutique, si décriés souvent à tort, ainsi que les autorités de tutelle à la sécurité d’utilisation des médicaments.

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