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Prise en charge du patient diabétique : la France, une exception européenne ?

Printemps 2015 - Lettre n°14
#Diabète #Diabète de type 2 #Activité physique #Traitement #Complications #Hyperglycémie #Dépistage

Le constat est alarmant : avec plus de 382 millions de diabétiques dans le monde, dont 46 % non diagnostiqués, cette maladie ne cesse de progresser. D’où la nécessité en France d’améliorer la prise en charge et le suivi du patient diabétique.

«En matière de prise en charge du diabète de type 2, chiffres validés à l’appui, la France ne fait pas partie des leaders européens ni des mauvais élèves : elle se situe dans une sorte de ”ventre mou”, explique le Professeur Michel Pinget, diabétologue et fondateur du Centre européen d’étude du Diabète (CeeD). Dans certains pays, comme les pays scandinaves, les Pays-Bas et la Belgique, on obtient de meilleurs résultats. Attention, je ne parle pas de méthodes, mais bien de résultats. » On peut voir des différences sur plusieurs points…

Repérage et dépistage

En ce qui concerne le repérage de la pathologie, en premier lieu, le professeur pointe un premier écueil : « 600 000 personnes ignorent qu’elles sont diabétiques ! Le dépistage n’est pas toujours appliqué là où il le devrait : la médecine du travail n’est pas impliquée et c’est un tort. »

Prise en charge

Autre difficulté propre à la France : la diététique en milieu libéral et l’activité physique ne sont pas reconnues comme des actes de santé. Or ce sont deux éléments cruciaux pour une bonne prise en charge du patient diabétique. A contrario, en Allemagne, l’activité physique est intégrée dans le parcours du patient.

Traitement des complications

Quant au traitement des complications, beaucoup déplorent les problèmes rencontrés dans leurs prises de rendez-vous : « En France, on doit aller dans un premier temps chez son médecin traitant ou à l’hôpital avant de consulter un spécialiste, dont on manque  cruellement. Dans d’autres pays comme l’Allemagne, le dépistage ophtalmologique peut être effectué par le diabétologue et il existe de nombreux centres de santé à travers tout le pays », poursuit-il.

Plus de personnalisation

Une approche « centrée sur le patient » apparaît donc nécessaire. Elle est préconisée par l’ADA et l’EASD et promue par la Société Francophone du Diabète pour la prise en charge de l’hyperglycémie chez les patients diabétiques de type 2. La spécificité de l’organisation de notre système de santé, organisé autour du médecin traitant explique en grande partie l’écart de résultat en matière de prise en charge : « En théorie, c’est une très bonne chose, mais cela s’avère parfois, en pratique, bloquant. Il faut donc essayer d’organiser des structures autour du médecin traitant », explique le Pr Michel Pinget. De plus, il est à noter que de nombreux pays ont déjà intégré le dosage de l’hémoglobine glyquée dans leur stratégie de dépistage, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en France.

Le diabète dans les pays occidentaux (estimation pour 2014 pour la population âgée de 20 à 79 ans )

Source : Labs 1, n° 1, juin 2015, magazine édité par Siemens.
Source image : https://diabeteetobesite.fr/

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