Santé

Le sucre au cœur de l’actualité

Hiver 2017 - Lettre n° 24
#sucre #Danger

Le mois d’octobre a été marqué par la sortie de nombreux articles consacrés au sucre dans les médias nationaux. Impact sur la santé, explosion de la consommation, pouvoir des lobbys industriels.
Le marché du sucre est colossal, les coûts qu’il génère, notamment en termes de santé publique, le sont d’autant plus.

 

Une consommation en pleine explosion

En un peu moins de deux siècles, la consommation de sucre a explosé à travers le monde, du fait notamment :

  •  de la culture de la canne à sucre,
  •  de la transformation de la betterave qui a largement permis d’en augmenter la production.

La consommation moyenne de sucre est passée de 1 kg / an et par français en 1850 à 35 kg aujourd’hui !

La plupart des sucres que nous consommons ne sont pas ceux que nous ajoutons, mais ceux que l’industrie agroalimentaire ajoute pour nous, notamment dans les aliments et plats préparés industrialisés que l’on retrouve à chaque repas du petit déjeuner au dîner, en passant naturellement par le goûter. Et le sucre n’est pas toujours là où on l’attend ! Il se cache aussi dans de nombreux produits pourtant non sucrés au goût (soupes, pain, pain de mie, cornichons, biscuits à apéritif, ketchup, sauce tomate, charcuteries, sauces, vinaigrette, vinaigre balsamique, cubes de bouillon, biscottes, plats préparés, surgelés…). En conséquence, 80% de notre consommation actuelle de sucre provient de produits transformés.

Un exemple ?

Une association de défense des consommateurs s’est récemment intéressée à la teneur en sucre des céréales que consomment les enfants au petit déjeuner. Pour cela, elle a analysé la composition de 105 marques de céréales, vendues dans 10 enseignes différentes. Les conclusions sont pour le moins inquiétantes et relèvent “des céréales relativement peu équilibrées d’un point de vue nutritionnel”, “souvent très sucrées”, avec “une quantité de céréales globalement trop faible dans les recettes”.

Quelles conséquences ?

Le sucre permettrait, aux dires des industriels, d’adoucir, de conserver, de rehausser le goût, de fermenter (…) autant dire qu’il est indispensable à la qualité de leurs produits. Mais on est en droit de se demander, si au-delà de toutes ces justifications, il n’y avait pas comme une volonté de nous rendre addict… On donne ainsi le goût du sucre dès le plus jeune âge et on l’entretient tout au long de la vie, alors qu’il a largement été démontré qu’une consommation excessive de sucres simples a des conséquences défavorables sur l’équilibre nutritionnel et sur la santé. En effet, l’excès de sucre simple amène souvent des apports énergétiques excédentaires qui peuvent conduire au surpoids et à l’obésité et donc favoriser la survenue de diabète ou de maladies cardiovasculaires.

Au bénéfice de qui ?

Installés tout autour des institutions européennes les lobbyistes du sucre sont en embuscade. Leur objectif est simple : dissuader les parlementaires et commissaires européens d’instaurer des taxes qui pourraient éloigner les consommateurs. Pour cela, ils disposent d’un budget très confortable de 21 millions d’euros émanant des grandes industries agroalimentaires européennes, en particulier celles des boissons et des sodas, qui cherchent à défendre leurs intérêts contre quiconque pourrait en vouloir à leurs ambitions de croissance.

Quelles solutions ?

Des solutions sont possibles ! Elles passent notamment par l’éducation à la santé et l’information des consommateurs, de plus en plus suspicieux face à l’industrie agroalimentaire et en quête de nouveaux modèles de consommation, plus respectueux de l’environnement et plus sains. Ce mouvement impulsé par les consommateurs doit être appuyé et porté par des politiques de santé publiques ambitieuses et fermes face à ces lobbys.

La France a déjà fait un premier pas intéressant en instaurant en 2013 une taxe soda qui vient d’être réévaluée. Cette nouvelle version de la taxe tend à être plus « juste » et à inciter les industriels à diminuer le taux de sucre dans leurs produits. Ainsi plus une boisson est sucrée, plus elle est taxée (à noter que jusque-là, la taxe s’appliquait de manière égale quelle que soit la teneur en sucre).

Une premier pas encourageant, à accompagner et à appuyer auprès des consommateurs pour changer durablement les (mauvaises) habitudes.

M.W.

Sources : lepoint.fr – francetvinfo.fr – lefigaro.fr – sciencesetvie.fr

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