Communication croisée entre les muscles et le pancréas

Le Centre européen d’étude du Diabète a découvert au travers du muscle une source quasi inépuisable de pistes thérapeutiques pour tous les diabétiques, mais aussi pour d’autres maladies comme les cancers, augurant une nouvelle page de l’histoire de la médecine :


une médecine personnalisée, qui répond aux problématiques du 21ème siècle et à toutes ses nouvelles maladies ! 

Constat

L’évolution des modes de vie et des technologies nous a amené à développer une vie sédentaire où l’activité est devenue optionnelle voire inexistante. Or, la sédentarité et les modifications environnementales ont des conséquences dramatiques sur notre santé comme le prouve l’augmentation exponentielle du nombre de diabétiques dans le monde. A tel point que l’OMS considère l’inactivité physique comme la première cause de mortalité évitable dans le monde.

Face à cette situation, promouvoir l’activité physique n’a jamais semblé aussi primordial. Le sport pratiqué de manière régulière doit être considéré comme une obligation, et devient pour notre société une priorité de santé publique. En effet, il est désormais avéré que les patients diabétiques ayant modifiés leur mode de vie par l’activité physique et des mesures diététiques appropriées voient un très net recul de leur maladie : le sport devient progressivement un médicament prescrit par son médecin. Malheureusement, ses effets positifs sur la santé ne sont pas identiques pour tous. 

Au Centre européen d’étude du Diabète

Les équipes de recherche s’intéressent de très près à ce phénomène en étudiant les mécanismes qui pourraient expliquer pourquoi le sport est bénéfique pour les diabétiques. Plus complexe encore, il s’agit par ailleurs de savoir associer les types de sport les plus adaptés aux profils de patients : doit-on prescrire un sport d’endurance comme la course à pied à un patient obèse ou bien doit-on prescrire un sport de résistance tel que l’haltérophilie à un patient diabétique ?… Maladie chronique exprimée par un taux de sucre dans le sang trop important (hyperglycémie), le diabète est diminué en réponse à l’exercice ; car le muscle est une pompe qui va capter le sucre dans le sang pour assurer son bon fonctionnement. Cela dit, les mécanismes impliqués sont beaucoup plus complexes qu’ils n’y paraissent.

Le Centre européen d’étude du Diabète a déjà prouvé que le muscle sécrète des molécules en réponse à l’exercice, qui se retrouvent dans le sang et qui agissent sur différents parties de notre corps, comme le pancréas.

 

Cet organe, qui permet la régulation du taux de sucre dans le sang, est en effet fortement endommagé chez les diabétiques. Le CeeD a par la suite démontré que lors d’un exercice physique, le muscle sécrète des molécules (myokines) qui vont améliorer les performances du pancréas. A contrario, l’identité de ces molécules étant différente chez les personnes diabétiques, elles participent fortement à la destruction du pancréas. Le Centre européen d’étude du Diabète a dernièrement identifié précisément les molécules émises par le muscle qui protègent le pancréas face aux agressions du diabète. Isolées, elles offrent de véritables perspectives pour créer des traitements à destination de toutes les personnes à risque diabétique ou déjà malades, et pour lesquelles il n’existe malheureusement aujourd’hui aucun traitement permettant de guérir la maladie.

L’Union Européenne distingue le CeeD via une bourse d’excellence Marie Skłodowska-Curie

Ce financement permettra la venue en janvier 2018 d’une chercheuse de haut niveau et ainsi d’accélérer les travaux du CeeD sur la compréhension des mécanismes cellulaires du diabète et plus particulièrement sur le lien entre l’activité physique et le diabète Lire la suite