L'épidémiologie

Le programme cambodgien de lutte contre le diabète.

Jusqu’à l’aube du XXIème siècle, on savait peu de chose sur la fréquence du diabète dans la population cambodgienne. Les années terrible du régime des Khmers Rouges ont évidemment une large responsabilité dans la désorganisation du système de santé publique, état de choses d’autant plus préoccupant que ,dans le cas du diabète, ce sont les pays les moins développés qui sont souvent les plus sévèrement touchés, en raison de la rapidité de la transition socio économique et des changements des habitudes alimentaires et de l’activité physique. Le manque d’informations fiables sur le diabète traduisait le fait que les autorités nationales se concentraient sur les maladies tropicales classiques et la malnutrition.

Mais les attitudes changent lentement et l’accent est mis aujourd’hui sur les maladies non contagieuses, comme l’illustre la création du programme scientifique cambodgien de lutte contre le diabète. Dans le cadre de ce programme, la collaboration entre la Cambodian Diabetes Association (Association Cambodgienne du diabète), le Ministère de la Santé, le Centre Européen du Diabète et les laboratoires Servier s’est traduite par la réalisation d’une série d’études épidémiologiques en 2004 et 2005. Ces études ont mis en évidence une haute prévalence inattendue du diabète de 5% dans les zones rurales et 10% dans les zones urbaines. Ces résultats ont incité à entreprendre d’autres études épidémiologiques pour déterminer les sensibilités ethniques (études génétiques) et évaluer la prévalence des complications diabétiques, ainsi qu’un ensemble de projets tels qu’une conférence annuelle et une « journée du diabète » organisée par Cambodge Santé, des séances de formation pour les généralistes et les spécialistes, et l’ouverture de centres et cliniques pour diabétiques.

Servier et sa filiale en Asie sont particulièrement actifs au Cambodge et ont fortement soutenu le développement global du programme. Ils ont également tous deux joué un rôle majeur dans la préparation et la conduite des études épidémiologiques, en apportant un soutien financier sur une période de 3 ans, par le biais d’un crédit de 30 000 € au CeeD.

Ces 5 dernières années ont été le théâtre d’importants changements d’attitudes des autorités nationales cambodgiennes vis-à-vis du diabète. Cela s’est traduit par une augmentation sensible des actions pratiques concernant la recherche et le traitement du diabète. Cependant, la route reste longue. Tel qu’il est, le programme cambodgien de lutte contre le diabète a suscité un grand intérêt sur le plan international, et l’on espère que la poursuite de l’aide pratique et financière aboutira à de nouveaux progrès dans un proche avenir.